Le titre est un peu pompeux. On voit surgir une jungle impénétrable, des histoires de point d’eau au soleil couchant et la moiteur d’un air à peine troublée par le vol d’un vautour. Sans parler du silence qui précède la mort inéluctable du buffle sous les crocs du grand fauve. On se sentirait presque les enfants de Rudyard Kipling et d’Arlette Vincent au coeur de l’Inde éternelle le dimanche soir à 20h05, après la météo.

La réalité est beaucoup plus prosaïque. Une jeep vient nous chercher devant l’hotel et nous emmène en direction de la réserve de Ranthambhore. On sait qu’il y a 10 circuits possibles dans la réserve et que seuls les 5 premiers offrent quelques chances de voir la bestiole tant recherchée. Certains conseillent même de réserver 2 ou 3 sorties consécutives car on ne sait jamais sur quel circuit on sera dirigé. On se contentera d’une seule (ça troue le porte-monnaie), en espérant que les enfants en profitent quoi qu’il se passe.

Après une demi-heure de route nous franchissons donc la porte du circuit numéro 10. Un bon moment pour faire monter l’enthousiasme de voir des singes et des cerfs chez les enfants, sans parler des paons qui fréquentent abondamment la réserve. Ce qui était jusque là une route devient une piste qui justifie pleinement la jeep et notre chauffeur se sent pousser des ailes.

Il explique qu’il a vu ce matin deux tigres tuer un buffle (on y arrive) et qu’il y a de fortes chances qu’ils passent continuer leur repas cet après-midi. Cela explique donc les pointes de vitesses et les dépassements des autres jeeps à la limite du hors piste. A la rivière, le cadavre du buffle est bien là. Mais pas de félin. Il convient donc de reculer de quelques centaines de mètres et d’attendre une bonne vingtaine de minutes.

On en arrive donc là au scénario bien rôdé pour les braves touristes que nous sommes. Nous avons la “preuve” du passage du tigre et un joli petit suspens (viendra/viendra pas) sensé nous tenir en haleine. Cela ne marche que moyennement avec les enfants. Et les adultes n’ont de toute façon pas d’autres choix: c’est dangereux et surtout interdit de descendre des voitures.

 

Tiger Traffic Jam
Tiger Traffic Jam

Ce qui est par contre rigolo, c’est qu’en 20 minutes, nous sommes rejoints par 6 ou 7 autres jeeps qui viennent attendre avec nous. Parce ce que si nous attendons, c’est qu’il doit y avoir une bonne raison. Ce qui crée ainsi un inattendu embouteillage au croisement d’une piste et d’un chemin de terre (la différence est subtile) où chaque chauffeur joue de temps à autre de l’embrayage pour se positionner au mieux pour foncer vers la rivière. Le tout sous les ordres assez peu observés d’un agent de la réserve reconverti malgré lui en agent de la circulation.

Après 40 minutes d’attente, l’agent donne en fin le signal du départ. Tout les moteurs vrombissent d’un coup et les jeeps se précipitent vers la rivière. Notre chauffeur prend la tête (le dimanche après-midi, avant le Jardin Extraordinaire, c’est formule 1). Si il devait y avoir un tigre, c’est sûr qu’il a dû fuir devant tant de vacarme.

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Hé bien non. Il est toujours là! Grignotant consciencieusement son bout de buffle, à l’ombre et au presque calme. La bestiole a beau être sauvage, ce n’est probablement pas la première fois qu’elle voit des jeeps surmontées d’appareils photos avec des touristes entre les deux. Ça mitraille à qui mieux mieux – Safari- jusque qu’à ce que l’agent ( mais comment est-il arrivé là?) nous signifie de dégager pour laisser la première place au suivant.

On retourne donc en arrière pour reprendre notre petit jeu de l’attente. Notre chauffeur nous assure qu’on verra à nouveau la grosse bête un peu plus tard lorsque les autres jeeps seront parties. Pas de chance, les autres chauffeurs ont la même idée. C’est donc une nouvelle occasion de recréer un embouteillage.

une autre bestiole du parc: le Summer Deer. Il faudra repasser pour le spring et le winter. On aura aussi vu: monkeys, peacocks, antilopes ans mosquitos.
une autre bestiole du parc: le Summer Deer. Il faudra repasser pour le spring et le winter. On aura aussi vu: monkeys, peacocks, antilopes and mosquitos.

Après quelques quarts d’heure d’attente, il est enfin décidé d’aller voir plus loin dans la réserve. Et nous tombons sur quelques jeeps en attente. C’est sûrement qu’il y a bonne raison. On va attendre avec eux. Effort vite récompensé cette fois. Deux tigres sont tapis dans les fourrés la savane. Les silhouettes apparaissent de temps à autres entre les branchages. Soyons honnêtes, c’est tout de même impressionnant. Seule petite déception, nous ne sommes pas assez près pour vérifier si le fauve sent vraiment le fauve.

Un tigre et un buffle partagent un repas: chacun dans son rôle.
Un tigre et un buffle partagent un repas: chacun dans son rôle.

La sortie dans la réserve se termine par le coucher du soleil depuis le sommet d’une colline. L’occasion d’encore croiser un couple d’antilopes en goguette et d’admirer l’étendue de la réserve (les zones 1 à 9 donc).

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Et on rentre de nuit en se disant qu’on a oublié de prendre les pulls. Brrr!

On s’est presque pris pour Katy Perry! Arlette Vincent n’a qu’à bien se tenir!

Tiger Safari

4 réflexions au sujet de « Tiger Safari »

  • Majestueux et impressionnant!!!!!!!
    A tous bonne route en train et que tout se passe pour le mieux.
    Gros bisous et à plus.
    J’adore la photo de vous six, superbe.

    1. Hello Brieuc,
      C’est vrai que c’est un beau voyage. Quant à être à notre place, le plus efficace est sans doute d’en parler à tes parents.

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