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l’Irrawaddy, sans bateau.

Au départ, c’est une idée simple. Relier Bagan à Mandalay. Cela peut se faire par la route, par le rail, par avion et même par bateau. C’est cette dernière possibilité qui a notre préférence, on a une revanche à prendre sur le trajet Hpa An – Mawlamwyne.

Or, on nous l’a dit et redit, le fleuve est maintenant trop bas, fin de saison sèche, plus de bateau. Mais il paraît que certains voyageurs ont quand même réussi à prendre le bateau.

Une enquête s’impose. On met nos plus fins limiers sur le cas et on va à l’agence de voyage la plus proche: boat finish! no water.

C’est clair, net et sans ambiguité. Ou presque! Parce qu’en creusant un peu, on se rend compte que si effectivement les 3 compagnies commerciales qui affrètent des “speed-boats” (une journée de trajet quand-même) ont cessé leurs activités jusqu’à la mousson et au remplissage du fleuve, il reste le slow-boat  (2 jours et une nuit – qui a copié qui?) des services publics locaux, le doigt sur la couture du pantalon de petit soldat (hum!). Vu qu’elle n’y ont aucun intérêt les agences sont un peu réticentes à livrer les infos mais on finit quand même par trouver l’embarcadère d’où partent les bateaux. Mais en ce jour de début du festival, le bureau d’info slow-boat n’est occupé que par 3 enfants plus passionnés par leur bassine et pistolets à eau que par le trafic fluvial. Une affiche nous informe quand même qu’on prend les billets à bord et que le départ est à 5h30, du matin. Ouch!

Nous voilà donc rassurés. Ce sera le bateau.

Et puis, 2 jours plus tard, voyant l’ampleur du water-festival et la paralysie qu’il entraîne, on en vient à se demander si le bateau sera maintenu. Un e-bike plus tard, je me retrouve à nouveau au bureau d’info où une brave dame me confirme en 4 secondes et autant de mot que: No boat, water festival! On apprécie l’ironie de voir des trajets en bateau annulés pour cause de water festival et je fonce à la gare pour activer le plan B.

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curieusement, la fontaine ne participe pas au water-festival.

Le rail birman a une réputation à tenir: folklorique. La gare est immense, pleine de stucs et de dorures, de couleurs et des bureaux. Pleine de vide aussi. Seul un chien roupille au milieu du hall. Erreur, il y a aussi un jeune gars qui roupille, mais lui dans un bureau aménagé avec lit de camp, cafetière et fil à linge. Je risque de le réveiller et lui explique la raison de ma visite. Ça a l’air un peu trop dense pour lui au sortir de la sieste, ou le protocole prévoit qu’il doit en référer à un supérieur, je ne sais pas. Toujours est-il qu’il me fait signe d’attendre et sort en courant. Cela me laisse le temps de contempler le hall de gare et de découvrir 3 gars qui réparent une mobylette planqués derrière un escalier.

Le dormeur revient avec un gars qui parle un peu d’anglais auquel il me livre. Il peut retourner à son roupillon avec la satisfaction du devoir accompli. Me voilà amené vers les guichets fermés. Mon interlocuteur du moment frappe vigoureusement à la porte de service.  Pas de réaction, pas même du chien toujours installé dans le hall central. Je me fais expliquer les horaires, un peu perturbés pour cause de festival, et finis par comprendre qu’il n’y aura pas de train le jour où nous l’espérions mais bien le lendemain. Ce sera toujours mieux que d’attendre 4 jours le bateau.

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Quelques coups de fil et tambourinages plus tard, la porte de service s’ouvre enfin sur un beau fonctionnaire qui ne semble pas m’en vouloir de l’avoir sans doute dérangé dans l’exercice de ses fonctions puisque je vais lui donner l’occasion d’en exercer une autre: me vendre des billets. C’est finalement l’opération la plus simple. Entre la livraison de bétel, les coups de fils à répétition et le recopiage des données de nos passeports, cela n’aura mis qu’un quart d’heure pour retrouver le carnet de billets, les remplir et me les délivrer. Je n’avais pas le compte juste, il n’avait pas le change, j’ai payé moins cher.

C’est donc 2 jours plus tard à l’aube que nous retrouvons avec armes et bagages sur le quai de la gare. Sentiment rassurant: il y a d’autres “western” présents. Cela augure d’un beau voyage en train. Jusqu’à ce que monsieur chemise blanche se présente à nous et nous annonce que le train est annulé!

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la voie ferrée, sans train.

Mais tout va bien puisqu’un bus a été prévu pour les 14 voyageurs étrangers qui ont un billet. On nous appellera quand le bus sera là. Nous somme un peu déçus, on aimait bien l’idée du train. Une gentille petite attente nous donne l’occasion de faire connaissance avec nos futurs compagnons de voyage. Puis chemise blanche vient nous informer que le bus est prêt, un gros tuktuk nous attend devant la gare. On embarque en demandant à quelle gare routière nous irons prendre le bus. La petite confusion est vite levée: le tuktuk est le bus. C’est donc entassés entre foreigners, accompagnés de 2 Birmans affables, que nous prenons la route de Mandalay. Chaque village traversé nous rappellera que c’est aujourd’hui le dernier jour du water-festival: on se fait tremper une bonne vingtaine de fois sur les 4 heures de trajet.

Sans rancune, on reviendra avec des pistolets à eau gros modèle.

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le personnel de la gare nous voyant nous entasser dans le tuktuk

 

A simple plan (une anecdote)

3 réflexions au sujet de « A simple plan (une anecdote) »

  • Bon, allez, vous y avez mis du cœur, vous avez tenté tout ce qui était possible, y compris les alternatives comme le train. Défi accepté.
    Bonne continuation à vous 5 vous souhaitant de belles rencontres
    Famille eledjam-chenard

    1. A voir la photo, vous avez vous complètement réussi à prendre le bateau Mawlamwyne – Hpa An. Bravo.
      Belle suite en Indonésie à tous les 4.

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