profiteurs

En clair, on est donc en voyage pour neuf mois avec nos 4 enfants, en Asie principalement. On a même poussé une pointe en Nouvelle-Zélande, l’autre bout du monde.
On en a d’la chance!
Je n’ai pas honte aujourd’hui de le reconnaître; on cumule notre goût pour l’aventure à des moyens qui le rendent possible (grosso modo, le coût d’une deuxième voiture pour un ménage), à une sécurité d’emploi à notre retour (merci patron!), à des formations et des expériences qui nous donnent la confiance d’assumer un temps les cours des enfants (merci l’école communale n°12 de Forest) , à un état de santé qui n’y met pas d’entrave.
Une belle part des adorables messages et recommandations qu’on a déjà pu recevoir de nos proches et moins proches se terminent par « Profitez-en! ».
Je vous le dis, on ne se gêne pas! On en profite pleinement depuis presque six mois maintenant, de ce temps à six, des merveilles qu’on voit, des situations qu’on vit, des rencontres qu’on fait. Chacun de nous semble bien trouver son compte dans cette aventure. Et ce serait franchement difficile d’en faire autrement! Mais ce serait aussi très difficile de profiter sans les sécurités que je viens d’énumérer.

Au programme de Français de ma grande en cinquième primaire, les familles de mots… Mon esprit raccroche ça à une famille qui paraît bien disloquée; Profiter, profit, profiteur…

Et on me dit dans l’oreillette que pendant ce temps, au pays, un discours ambiant relayé et assumé par un gouvernement démocratiquement constitué, montrerait du doigt les allocataires sociaux comme de sales profiteurs, au mieux responsables de leur sort, au pire nuisibles fraudeurs. Quand on voit le non-emploi et la piètre qualité de certains postes, même pour les diplômés de certains secteurs, demander aux gens de prouver qu’ils restent « actifs » dans leurs recherches, n’est-ce pas à la limite de la maltraitante pour ceux d’entre eux dans la f(r)ange des inemployables? Mais qu’est-ce qui fait que notre société a fabriqué une frange d’inemployables? Les contrôler, les pousser au « volontariat », c’est accentuer la césure et pousser plus de gens à la marge, voire au-delà, dans les interstices invisibles où les droits n’existent plus. Sans doute, certains ont développé des stratégies notamment pour profiter (!) d’un taux isolé contrairement à leur réalité de co-habitant(e). Ne faut-il pas plutôt revoir cette distinction qui pénalise particulièrement les femmes tant il est difficile de vivre décemment avec une allocation de cohabitant et de trouver un logement à assumer seul(e)? Et je ne parle ici des stratèges du profit par en haut, objet d’une bienveillante ignorance des décideurs.

Pour toutes ces raisons, les profiteurs, c’est nous! Et je suis même prête à endosser aussi le « sales profiteurs !». Avec nos 3 T-shirts par tête pour le voyage, on n’est pas toujours de première fraîcheur. Mais pétard, qu’est-ce qu’on en profite!

C’était le (premier?) billet sémantico-politique!

Profiteurs!

3 réflexions au sujet de « Profiteurs! »

  • Je profite, tu profites,…pourvu que d’autres encore, osent et puissent en profiter pour découvrir d’autres réalités qui nous aident à apprécier pleinement nos trésors quotidiens!
    Et puisque vous avez partagé bravement un verre avec vomito-boy, nous ouvrons une chimay à votre santé, bande de profiteurs audacieux et courageux!

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