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Après une étape à Kompong Cham et sa campagne découverte en scooter, on a repris la route vers Phnom Penh, une grande ville sous un nuage de poussière chaude où se côtoient tous les contraires… Ca construit des tours futuristes à côté de bidonvilles, des artères démesurées pour essaims frénétiques de deux roues souvent surchargés… On y trouve sans peine notre petite place de touriste dans des quartiers aux boutiques pour hipster en chasse d’artisanat fair trade.

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Et oui on est au Cambodge, un des premiers pays dans la confection textiles pas folichonne… Un salaire de misère, une vie spécialisée dans l’assemblage d’un jeans 12 à 14h par jour dans le bruit, la moiteur et la lumière tombante tout le jour… C’est le sort des femmes surtout qui ont la charge de leur famille au village. Les mobilisations de ces dernières années, heureusement un peu relayées, ont abouti à une augmentation du salaire minimum mais surtout à un rejet de responsabilité entre les patrons de ces usines et les marques (H&M en tête) … les Cambodgiens les plus pauvres sont déjà largement poussés à l’émigration (Thaïlande pour les filles, Emirats pour les gars sur des chantiers douteux) et aux spirales de l’exploitation. On nous explique ici qu’il ne faudrait pas non plus boycotter le Made in Cambodia sous peine de soumettre plus d’hommes et de femmes au déracinement.  Well well, on n’a pas fini de se tortiller l’élastique de la conscience!
Et là, je vous remonte le moral en vous parlant de notre visite au mémorial du sanglant régime des Khmers Rouges.SS21-08758

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On a donc visité Tuong Sleng, une école en plein centre ville convertie en centre de détention et d’interrogatoire meurtrier entre 1975-79, c’est pas si loin. Et le lendemain, Choeung Ek, ou Killing Fields, à l’écart, un des plus gros des quelques 300 champs d’exécution et charnier. Gloups! On a un peu hésité à traîner les guêtres des gamins dans ces endroits témoins des sommets de la barbarie humaine. D’avantage encore au terme du grand voyage, on se rangera derrière les convaincus qu’il n’y a pas d’âge pour questionner les hommes et le monde. Les visages de ces  gens fauchés par l’arbitraire, les témoignages de  survivants,  prisonniers et gardiens, l’émotion dans le paisible jardin qu’est devenu  le charnier… J’ai envie de poser des questions à tous les anciens qu’on croise depuis, mais je sais que ça reste un tabou à respecter.

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Et vu son passé sanglant, les mines qui parsèment encore les campagnes et sa pauvreté profonde, le Cambodge est porté par les coopérations au développement et autres investissements étrangers, souvent chinois. Beaucoup de friendship roads, de chantiers hydroélectriques, d’hôpitaux ou d’orphelinats estampillés de drapeaux enlacés.
Toujours à Phnom Penh, lorsqu’on décide d’aller visiter le musée national, la guichetière  nous reclame 5$ par enfant… On rit -on sait qu’au Cambodge et au Laos, c’est gratuit partout pour les moins de 12 ans- bientôt avec elle, ok, seuls les adultes payent mais si elle avait pu se mettre un petit billet de 20$ de côté, ça valait le coup d’essayer… on rit, un peu décontenancés, ce n’est pourtant pas la première fois, et pas la dernière qu’un Cambodgien nous crée des tarifs “arrondis”.

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Phnom Penh

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